La communication non violente, qu’est-ce que c’est ? 

La communication non violente est une méthode de communication verbale. Elle est très utilisée dans la résolution de conflits. L’objectif de ce mode de communication est d’exprimer ses émotions. Parler de son ressenti et de ses émotions pour faire passer son message.

Cette méthode est appelée communication non violente en référence au mouvement de Gandhi, les deux ayant la même finalité : éliminer les traces de violence. En effet, souvent quand nous nous exprimons, nous pouvons, sans nous en rendre compte, avoir des mots qui heurtent notre interlocuteur. Avec la communication non violente, l’idée est de remplacer les jugements et les interprétations par des observations objectives.

« Observer sans évaluer est la plus haute forme de l’intelligence humaine »
– Krishnamurti

La communication non violente peut aussi bien être utilisée en famille, au travail ou avec des proches. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire que votre interlocuteur maîtrise la communication non violente pour qu’elle soit efficace.

Histoire de la communication non violente

La communication non violente nous vient de Marshall B. Rosenberg, psychologue américain. Pour développer sa méthode, il s’est lui-même inspiré des travaux de Carl Rogers, dont il fut l’élève. 

Dans les années 1960, l’Amérique est sujette à des conflits raciaux et socio-économiques. C’est alors que Marshall Rosenberg décide de mettre en pratique ses recherches. Il commence alors à appliquer sa méthode dans des communautés américaines en prise aux conflits, avec pour objectif d’apaiser les tensions.

Marshall B. Rosenberg, père de la communication non violente

Sa méthode fait ses preuves à cette occasion. Et en 1984, convaincu des bénéfices de son approche, il décide de créer le Center for Non-Violent Communication au Texas. Pour prolonger son idée et aider à sa mise en oeuvre, il crée aussi des centres dans d’autres pays. Enfin, en 1999 il publie un livre sur le sujet, intitulé Les mots sont des fenêtres, dont le titre original est Nonviolent Communication: A Language of compassion

Pourquoi utiliser la communication non violente ?

La façon dont nous nous exprimons joue beaucoup dans notre rapport aux autres. Par exemple, si vous émettez un jugement, votre interlocuteur sera sur la défensive et risque de mal réagir à vos propos.

Astérix et les gaulois en situation de communication violente

Si vous interprétez des éléments, votre interlocuteur peut ne pas être d’accord avec votre interprétation et se braquer. La communication non violente est là pour éviter ces situations.

Malheureusement, pour le plus grand nombre, quand nous étions enfants, nous n’avons pas appris à correctement exprimer nos besoins et nos émotions. Une contrariété ? Des pleurs. Une déception ? Des pleurs. De la tristesse ? Des pleurs. De la colère ? De l’énervement.

La communication non violente est donc un outil qui permet à chacun d’exprimer ses émotions. D’ailleurs, vous pourriez même apprendre à vos enfants à exprimer leur émotions plutôt que de pleurer, de bouder ou de s’énerver.

Exprimer vos émotions verbalement permet à votre interlocuteur de mieux vous comprendre. En parlant de ce que vous ressentez, vous éliminez aussi toute trace de jugement de votre prise de parole. La discussion est ainsi plus apaisée. Mais encore faut-il savoir mettre des mots sur ses émotions.

Tableau des émotions

Principes de la communication non violente 

Le principe numéro un de la communication non violente est de remplacer vos jugements par des observations objectives. Le second principe, en lien avec le premier, est de se focaliser sur son ressenti plutôt que de juger son interlocuteur. 

Pour illustrer ces principes, Marshall Rosenberg utilise la métaphore du chacal et de la girafe. Le chacal symbolise la violence de nos communications ordinaires. La girafe, quant à elle, prend de la distance avec son long cou et symbolise donc des conversions plus empathiques et réfléchies.

Métaphore du chacal et de la girafe de Marshall Rosenberg expliquée

Marshall Rosenberg a créé sa méthode de communication non violente autour de 4 étapes : 

  1. Observer (O). Cette étape consiste à décrire un fait ou une situation de façon objective.
  2. Identifier ses sentiments (S). L’objectif est d’exprimer les sentiments que vous ressentez en étant confronté à la situation décrite.
  3. Clarifier les besoins sous-jacents (B). Il s’agit d’exprimer vos besoins personnels pour que ceux-ci soient clairs pour votre interlocuteur. 
  4. Formuler une demande claire (D). La dernière étape de cette méthode consiste à faire une demande à son interlocuteur.  La demande doit respecter certains critères : elle doit être réalisable, concrète, précise et formulée positivement.

Ces 4 étapes de la communication non violente peuvent être résumées par la phrase suivante :
“Lorsque [décrire un fait], je me sens [mettre un sentiment], parce que j’ai besoin [besoin]. Serais-tu d’accord de [exprimer une demande] ?”

Veillez à bien éviter les jugements parce que votre interlocuteur pourrait très vite se mettre dans une posture défensive.
Par exemple, “tu n’es pas fiable” (jugement) s’oppose à “tu es arrivé en retard tous les jours cette semaine” (fait observable).

Conclusion

La Communication Non Violente (CNV) vous permettra de décrire la réalité au lieu de juger et d’avancer en valorisant tous les protagonistes.

Pour aller plus loin

L’équipe Lik